|
LA RÈGLE DU GRAS SUR MAIGRE .
Bien que chaque artiste ait son
propre style, certaines règles de la peinture à
l'huile sont incontournables, et il doit s'y
conformer. La lecture de ce chapitre vous permettra
d'éviter certaines erreurs grossières, responsables
de la détérioration de nombreuses toiles, après leur
séchage.
GRAS SUR MAIGRE
L'expression « gras sur maigre
» résume une loi impérative de la peinture à
l'huile, qu'il vous faudra suivre si vous voulez
obtenir des résultats acceptables. Elle signifie
qu'il faut toujours appliquer une peinture sur une
sous-couche moins grasse qu'elle. Le séchage d'une
peinture à l'huile prend beaucoup de temps, parfois
de six mois à un an. Pendant cette période, la
peinture sèche par oxydation et durcit, de telle
sorte que la surface se rétracte légèrement.
Si vous avez peint « maigre sur
gras », c'est-à-dire en appliquant une peinture
diluée à l'essence de térébenthine pardessus une
peinture non diluée, la couche supérieure, dite «
maigre», séchera beaucoup plus vite que la couche «
grasse» située dessous, ce qui, à terme, fera
craqueler ou peler les peintures. Il faut donc
veiller à toujours augmenter graduellement la
proportion d'huile à chaque nouvelle couche.
PROPORTIONS
On peut respecter cette règle
du « gras sur maigre» de bien des façons. A chacun
de choisir celle qui convient le mieux à son style.
La méthode la plus simple et la
plus employée consiste à diluer la peinture du fond
et des premières couches avec de l'essence de
térébenthine; on applique ensuite des couches fines
de peinture directement sortie du tube ou
préalablement diluée à l'huile, et l'on garde la
réalisation des empâtements pour la fin.
Un moyen qui m'a été
enseigné par mes professeurs du Louvres est d'utiliser un medium a
peindre dont le contenu varie suivant l'avancement de la toile. Ce
medium est composé au départ de :
-
10 doses de White spirit
ou d'essence de therebentine
-
2 doses
d'huile de lin cuite (plus siccative)
-
1 dose de
siccatif Flamand
Nous allons mélanger nos
couleurs, à mesure des besoins , à ce medium.
A la prochaine séance,
nous badigeonnerons délicatement toute la surface de la toile avec
un spalter plongé dans du medium contenant 2 doses de White spririt
en moins (donc plus gras) et nous continuerons la séance en
mélangeant nos couleurs avec ce nouveau medium.
Pour les séances suivante
nous utiliserons la même méthode en diminuant à chaque fois de 2
doses la quantité de white. Grâce à ce principe nous respecterons le
principe de "gras sur maigre".
Il est plus pratique de
préparer à l'avance des bouteille avec 10 doses de White, une avec
8, une autre avec 6 et de bien les étiqueter pour ne pas les
confondre.
Il faut toujours garder à
l'esprit que le blanc sèche plus lentement que les
autres couleurs; il vaut donc mieux éviter les fonds
blancs, qui peuvent faire craqueler la peinture avec
le temps. L'emploi de trop de siccatifs risque d'avoir les
mêmes conséquences.
Une autre méthode consiste à
peindre le fond et les premières couches à
l'acrylique (ou avec de la peinture à l'huile très
diluée), qui sèche vite, puis de travailler à
l'huile par-dessus. On évite ainsi tout risque de
craquelures.
MÉTHODE
Une peinture à l'huile est
élaborée par couches successives. Il est donc
essentiel de commencer par des couches très diluées
à la térébenthine, puis d'augmenter graduellement la
proportion en huile, en gardant la réalisation des
couches épaisses et des empâtements pour la fin.
L'un des intérêts de cette
méthode est d'empêcher la peinture d'éclater ou de
peler en séchant. Mais elle permet également de ne
pas risquer de salir les couleurs quand on peint sur
des surfaces encore trop fraîches.
Mieux vaut commencer par
définir globalement les grandes «masses» de couleur
: le sombre le plus sombre puis le clair le plus
clair ( voir :
une toile en pas à pas
),
afin de situer plus précisément les éléments
principaux de la composition dans l'espace et de
poser toutes les valeurs tonales dès le départ.
La plupart des peintres
commencent par le fond ( voir :
imprimatura ). Ils peuvent ensuite
travailler les volumes et les masses, en laissant
les détails et les accents d'ombre et de lumière
pour plus tard.
|